Considérations sur la « crise Grecque »

Le 10 juillet 2015.

« L’incomplétude de l’euro », une monnaie sans Etat, combinée à un élargissement rapide et mal contrôlé de la zone euro, à des performances économiques asymétriques des pays de la zone, asymétrie que la crise financière de 2007-2008 a contribué à creuser, à un laxisme profond et récurrent de l’administration et plus largement de la société grecque, ont conduit ce pays à faire vraisemblablement « défaut » en dépit des aides substantielles qui lui ont été apportées par « les institutions ».

Le gouvernement grec issu des dernières élections, coincé entre ses engagements de campagne électorale et les disciplines instaurées par les traités (traités qu’il a ratifiés), a fini par exaspérer  les 18 autres membres de l’Eurogroupe qui sont restés solidaires.

Il reste qu’on peut éprouver de la compassion à l’égard du peuple grec en particulier vis-à-vis des grecs les plus modestes. Mais, la compassion n’a jamais fait une politique.

Cette crise devrait logiquement avoir pour conséquence de resserrer les liens entre les pays membres de la zone euro et d’accélérer le processus de convergence puis d’unité par la mise en place d’une gouvernance unique de leurs économies et de leurs règles communes de vie.

On notera cependant que le document « Compléter l’Union économique et monétaire de la zone euro » commandé par le Conseil européen aux 5 Présidents et qui vient d’être rendu public est peu ambitieux.

Dans l’immédiat, cette crise peut avoir pour effet de provoquer des attaques spéculatives venant de l’extérieur : attaques contre l’euro et contre les emprunts d’Etat les plus vulnérables.

Mais, d’une part, les acteurs de la zone euro ont intégré « le risque grec » et ses conséquences et, d’autre part, l’économie de cette zone est globalement robuste.

Le film n’est peut-être pas fini mais les crises sont parfois salutaires.

 

Christian Casper

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