L’Europe doit être un leader mondial en matière de santé, Eric Dumont, 16 mai 2010

 

Pour des raisons assez obscures la santé ne fait pas partie des compétences de l’Union Européenne qui dispose pourtant d’une Agence de grande qualité. Depuis des décennies les entreprises et les établissements de santé se livrent à des luttes fratricides ou à des exercices périlleux pour capter les subsides de chaque Etat sans que les résultats soient très probants.

 

Il est pourtant évident pour tous les citoyens européens que des fléaux comme le cancer ou les épidémies ne pourront être efficacement combattus qu’un mettant en commun l’intelligence médicale et scientifique collective et que les frontières n’arrêtent les virus qu’au prix d’une privation de la liberté de circuler qui mine les échanges.

 

Les leçons de la pandémie qui a déferlé sur l’Europe sont loin d’être tirées mais il est devenu non moins évident que les savoir-faire ont été très différents d’un pays à l’autre pour la juguler. Une concertation européenne en matière de prévention, de traitement et de contrôle de la pandémie aurait certainement permis de mieux anticiper, de réduire ses effets pernicieux sur l’économie et d’améliorer l’organisation des soins en agissant autrement que dans l’urgence.

 

La concurrence est une bonne chose dans tous les domaines sauf dans celui de la santé où il faut coopérer en permanence pour détecter les maladies, trouver de nouveaux traitements ou vaccins et améliorer par l’expérimentation le fonctionnement des infrastructures de santé, pour faire mieux avec moins de ressources de manière à les redéployer là où elles sont les plus nécessaires.

 

La médecine pour tous est une idée bien européenne qui ruine pourtant les systèmes de santé publique de plusieurs pays de l’Union. Pourrait-on les gérer autrement ? Certains pays ont démontré que oui (l’Allemagne, le Danemark, la Hollande, la Suède pour n’en citer que quelques uns). Au lieu de pratiquer l’anathème systématique pourquoi ne pas se remettre en cause et cesser de se comparer aux plus mauvais ?

 

Tout cela ne peut être optimisé au niveau d’un pays. Le système de santé canadien tant plébiscité n’aurait pas pu voir le jour dans les années 70 sans le modèle très en avance de l’American Hospital Association par exemple.

 

Le « Not Invented Here (N.H.I.) spirit » qui règne en Europe est un frein à son émancipation, chaque pays protégeant jalousement son pré carré ; recherchant des chaînes d’approvisionnement ou des programmes de formation qui lui sont propres ; s’imaginant que la médecine pratiquée chez lui, pourtant science universelle par excellence, doit être nationale. Le corporatisme y fait ainsi des ravages depuis des années sans que personne ne s’en préoccupe.

 

Que la crise nous ouvre enfin les yeux est un de ses seuls avantages. Profitons-en !

Eric Dumont – Mouvement européen-Paris
16 mai 2020

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