Mai 2017 : Brèves européennes (par Christian Casper)

Brèves européennes

Mai 2017

(par Christian Casper)

I- Brexit : calendrier

La Première Ministre britannique, Theresa May, a décidé de convoquer des élections générales le 8 juin prochain. Si le parti conservateur gagnait cette élection, le gouvernement issu des urnes aurait une légitimité plus grande pour négocier les conditions de la sortie du Royaume-Uni de l’UE.

Comme l’Allemagne aura ses propres élections législatives le 24 septembre et qu’il est probable que la formation d’un gouvernement de coalition s’imposera en raison d’un système électoral où la proportionnelle a une place importante, le nouveau gouvernement ne pourrait être opérationnel qu’à l’automne.

Les négociations sur les points « durs » du Brexit pourront donc difficilement commencer avant la fin de l’année. De ce fait, il ne restera plus qu’un an et demi pour tenir le délai de deux ans imparti par l’article 50 du TUE.

 

II- Gibraltar, le Brexit et l’UE

Ce petit territoire de  6 km2 où vivent 33.000 habitants a été cédé par l’Espagne au Royaume-Uni par le traité d’Utrecht (1713). Depuis longtemps, cette enclave est un caillou qui blesse la fierté espagnole. 

Il a, comme d’autres territoires ultrapériphériques  de l’UE, un statut spécial au regard du droit de l’UE.

Lors des référendums organisés en 1967, puis en 2002, la population a rejeté très majoritairement son intégration à l’Espagne.

Le référendum du 23 juin 2016 sur le Brexit a réveillé un contentieux récurrent, rappelant à certains égards celui des Malouines, entre le Royaume-Uni et l’Argentine.

A la suite de ce référendum, l’Espagne a proposé au Royaume-Uni d’octroyer à Gibraltar un statut de souveraineté partagée de façon à lui conserver l’accès à l’UE. De son côté, le 31 mars 2017, le Conseil européen a proposé, à la demande de l’Espagne, qu’aucun accord entre l’UE et le Royaume-Uni ne puisse être appliqué à Gibraltar sans l’accord de l’Espagne.

Comme pour l’Ecosse et l’Irlande du nord (l’Ulster), le gouvernement britannique s’en tient à sa position : maintenir l’unité du Royaume-Uni.

 

III- Grèce

Sous perfusion financière depuis 2010, la situation budgétaire de la Grèce s’améliore. Grâce à ses efforts (hausse des impôts et baisse des dépenses publiques) et à des réformes, elle a dégagé en 2016 un excédent primaire de 3,9 %, un excédent hors charges d’une dette abyssale qui s’élève à 180 % de son PIB, soit 320 milliards. Le poids de cette dette est intenable ce qui a pour conséquence que les plans de renflouement se succèdent. Les créanciers de la Grèce (UE, BCE, FMI) négocient actuellement avec elle l’octroi d’une nouvelle aide pour faire face à un remboursement de 7 milliards d’euros en juillet.

La solution pour que le pays retrouve une situation saine serait de restructurer sa dette en étendant la maturité des prêts à plusieurs décennies ou même de l’effacer ce que les prêteurs rechignent à envisager. C’est le cas de ceux de la zone euro, et notamment de l’Allemagne. Cette position ne devrait pas s’assouplir dans les mois prochains puisque des élections législatives auront lieu en septembre dans ce pays.

En Grèce, la situation sociale s’aggrave et la situation politique pourrait donc se tendre.

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