Le Mouvement Européen – Paris vous invite à une conférence exceptionnelle pour décrypter les coulisses de la sécurité intérieure européenne et l’avenir de l’espace Schengen.
Alors que la criminalité transnationale et les enjeux migratoires font la une, comment l’Union européenne protège-t-elle ses citoyens tout en garantissant nos libertés ?
Nos intervenants d’exception :
- Jean-Philippe Lecouffe est actuellement Directeur exécutif adjoint d’Europol, l’agence de l’Union européenne pour la coopération policière basée à La Haye, et son engagement au sein de cette institution remonte à plus de 3 ans (ayant pris ses fonctions en mai 2021). En tant que responsable du pilier « Opérations », il supervise les activités de l’agence visant à soutenir les États membres dans la lutte contre la criminalité organisée, le terrorisme et la cybercriminalité. Général de corps d’armée, il a effectué une carrière au sein de la Gendarmerie nationale française, occupant notamment le poste de Sous-directeur de la police judiciaire. Expert reconnu des enjeux de sécurité transfrontaliers.
- Jean Mafart est actuellement Préfet spécialiste des questions de sécurité et justice, des affaires européennes et internationales et de la conduite du changement. Son engagement au service de l’État et de l’international remonte à plus de 25 ans, ayant notamment exercé des fonctions de direction et de représentation diplomatique de haut niveau. Ancien Directeur des affaires européennes et internationales (DAEI) au ministère de l’Intérieur (2020-2023), il a coordonné les positions françaises sur les enjeux de sécurité et d’immigration au sein de l’UE. Il a servi comme Ambassadeur de France en Zambie et auprès du Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA), après avoir passé quatre ans à la Représentation permanente de la France auprès de l’Union européenne à Bruxelles. Fort d’une longue expérience dans les services de renseignement, il a également été directeur adjoint du cabinet du Directeur général de la Police nationale (DGPN).
Historique de la coopération
La coopération policière européenne, initiée dès 1975 avec le Groupe de Trevi, s’est structurée en réponse à l’objectif de libre circulation fixé par l’Acte unique de 1986. Face à l’absence de mesures d’accompagnement initiales, l’accord de Schengen (1990) a instauré des mesures compensatoires pour sécuriser cet espace sans frontières. Depuis le traité de Maastricht, la politique de sécurité intérieure s’est institutionnalisée via des agences puissantes comme Europol et Frontex, ainsi que par l’harmonisation du droit pénal. Le traité d’Amsterdam a intégré l’acquis de Schengen, tandis que celui de Lisbonne a instauré une compétence partagée entre l’UE et les États membres, plaçant les droits fondamentaux au cœur de l’action européenne. Aujourd’hui, Europol joue un rôle pivot contre les menaces transnationales (terrorisme, trafics, cybercriminalité) en appuyant les forces nationales par des analyses et des outils mutualisés qui dépassent les capacités individuelles des États.
Positions des États et des institutions
Le débat actuel est marqué par une volonté des États de préserver leur souveraineté sécuritaire face à une opinion publique sensible à l’immigration irrégulière. Les critiques qualifiant l’Europe de « passoire » nécessitent un effort de pédagogie soutenu. Les institutions réagissent : la Commission a adopté en 2025 les stratégies « Protect EU » et « anti-drogues », tout en proposant de renforcer les moyens financiers d’Europol pour la période 2028-2034. De son côté, le Parlement européen défend la libre circulation comme un principe fondamental, exigeant que les contrôles aux frontières intérieures restent exceptionnels et limités à deux ans. En revanche, il soutient fermement le renforcement des frontières extérieures, illustré par les systèmes SES et ETIAS opérationnels en 2026, privilégiant systématiquement une approche globale et coordonnée plutôt que des initiatives nationales unilatérales en cas de crise.
Problématiques et enjeux d’experts
Plusieurs points de tension structurent la politique de sécurité intérieure. L’équilibre entre libre circulation et lutte contre le terrorisme interroge la résilience de l’État de droit. Sur le plan judiciaire, la reconnaissance mutuelle (mandat d’arrêt européen) se heurte aux divergences de conception de la justice entre États. Le domaine du renseignement reste une prérogative nationale sensible (Article 4.2 TUE), malgré des besoins croissants d’échanges de données (PNR, SWIFT). Par ailleurs, la protection des données (RGPD, IA) est parfois perçue comme un frein à l’innovation technologique face aux besoins sécuritaires. Enfin, l’intrication des politiques migratoires et de sécurité intérieure, notamment via le Pacte asile migration de 2026, ainsi que la régulation du numérique et de la cybersécurité, soulignent une porosité croissante entre sécurité intérieure et défense extérieure, nécessitant un dialogue constant entre juges nationaux et européens.
Venez poser vos questions et comprendre comment se construit l’Europe de la sécurité, loin des idées reçues !
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QUAND ? Le jeudi 28 mai, à 19h00
OÙ ? 115 rue Notre-Dame des champs, 75006 Paris (Amphithéâtre de la FACO)
