Les adhérent.e.s attendant le démarrage de la séance.
Le 9 mars 2026, le Mouvement Européen Paris a réuni ses adhérents pour échanger sur le rôle et le fonctionnement du Conseil Économique et Social Européen (CESE). Laure Niclot, membre du CESE et vice-présidente du Mouvement Européen France, ainsi que Pierre Bollon, membre suppléant du CESE, après avoir été membre de 2020 à 2025 et personnalité qualifiée du mouvement, ont partagé leur expérience de l’intérieur.
Une institution au cœur de la fabrique de la loi européenne
Le CESE est une institution historique basée à Bruxelles, créée dès les origines de la construction européenne. Son rôle est de représenter la voix de la société civile organisée. Contrairement au modèle de son homologue français, le CESE européen intervient directement dans le processus de décision de l’UE. En effet, la Commission européenne lui soumet systématiquement ses projets de directives ou de règlements pour avis, ce qui conduit l’institution à rendre environ 400 avis chaque année.
La force du compromis entre des intérêts divers
L’institution compte 329 membres, nommés pour un mandat de cinq ans. La France y dispose d’une des plus grandes délégations avec 24 représentants. Ces membres sont répartis en trois grands collèges :
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Le Groupe 1 : Les employeurs.
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Le Groupe 2 : Les syndicats de travailleurs.
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Le Groupe 3 : La diversité de la société civile (associations de consommateurs, familiales, écologistes, de jeunesse, etc.).
Laure Niclot a souligné la véritable force du CESE : sa capacité à bâtir des consensus entre ces acteurs aux intérêts souvent divergents. Ces accords permettent de formuler de véritables propositions d’amendements aux textes législatifs, offrant ainsi une légitimité forte aux avis portés ensuite devant les eurodéputés.
Des combats concrets : de la jeunesse à la compétitivité
Les échanges ont permis d’illustrer concrètement les dossiers portés par les membres français. Laure Niclot a évoqué son engagement pour défendre le programme Erasmus et pour s’assurer que les politiques européennes intègrent systématiquement un « test jeunesse » afin d’évaluer leur impact sur les nouvelles générations.
Pierre Bollon en a souligné deux éléments clefs. S’assurer que les textes européens prennent en compte leur impact sur la jeunesse et l’enfance et associer des jeunes au processus de décision. Il a aussi souligné que l’Europe doit évaluer systématiquement l’impact de ses nouvelles réglementations sur la compétitivité internationale de ses entreprises, point qu’il avait mis en valeur dès 2021 dans son avis sur l’Union des Marchés de Capitaux.
Un débat ouvert sur l’avenir de l’Union
La présentation a été suivie d’un temps d’échange riche avec la salle. Les adhérents ont interrogé les intervenants sur les défis actuels : la lenteur du processus décisionnel européen face à l’urgence des crises, les limites posées par la règle de l’unanimité au Conseil, ou encore la prise en compte du vieillissement de la population et du rôle de la grand-parentalité dans les politiques sociales.
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