Newsletter de février 2020 : Lettre d’Extrème-Orient, L’Edito de Jean-Claude Houdoin, président

Lettre d’Extrême-Orient

Par Jean-Claude Houdoin

 

Il est bon de temps en temps de regarder l’Europe de loin et de partager la perplexité de ceux qui n’y vivent devant ce monde qu’ils envient souvent sans le comprendre.

Je vous écris aujourd’hui du Vietnam Nam, entre Hanoï et Ho-Chi-Minh ville plus connue par l’ancien monde sous le nom de Saïgon.

La première impression que l’on ressent quand on arrive dans la capitale, c’est l’extraordinaire vitalité d’un pays jeune qui mélange passé et avenir. La tradition se manifeste par le maintien d’une vieille ville faite de bâtiments étroits et de faible hauteur bordant des rues fréquentées par des cohortes de mobylettes et de scooters. Sur de petits trottoirs le stationnement des motos alterne avec des restaurants de rue qui se peuplent vers midi des commerçants dont les activités se ressemblent, des livreurs qui font une courte pose entre deux livraisons. Là les habitudes ne semblent pas avoir changé, exception faite de l’utilisation des scooters et des téléphones mobiles ! On peut noter aussi que le passé colonial n’est pas oublié avec un parc de résidences nombreuses de couleur ocre et relativement bien entretenues par l’administration qui y a naturellement trouvé son cadre d’activité. Dans ces quartiers, les touristes sont nombreux, 11 à 12 millions par an dont 15 % d’Européens, et déambulent, marchandent des « objets artisanaux » fabriqués à une échelle bien industrielle, des vêtements de marque admirablement copiés.

A coté apparaît le monde moderne, le Viet Nam dispose d’une population nombreuse (70 millions d’habitants) jeune, habile, flexible, travailleuse et bon marché. Le pays devient l’atelier de l’atelier du monde : il alimente les marchés chinois, japonais, américain et européen. En échange il importe des véhicules et des scooters du Japon et de Corée, du matériel électronique de ces mêmes pays et de la Chine qui reste un grand frère que l’on aimerait tenir à distance.

 

Dans ce but, le Viet Nam est intéressé par la signature d’accord commerciaux : le « Trans-Pacific Partnership Agreement » sans les Etats-Unis ou le traité commercial « UE Viet Nam » sont des axes forts du pays pour poursuivre sa croissance économique de l’ordre de 7 % dans les dix dernières années.

 

Vu de 10 000 km, les nouvelles européennes apparaissent comme filtrées par la distance qui nous sépare : le risque d’extension du Corona virus en Europe est bien entendu perçu dans un pays où le masque est porté dans la rue par 90 % de la population pour cause … de pollution ; le régime autoritaire (communiste) a pris un virage libéral depuis une dizaine d’années qui a favorisé le développement économique, n’exerce un contrôle strict que sur les opinions politiques. Pour la classe moyenne, qui augmente en nombre et aussi en revenus, ouverte vers l’étranger, les péripéties du Brexit, des difficultés internes des forces politiques en Allemagne ou en France sont perçues sans être commentées. La querelle budgétaire du Cadre Financier pluriannuel (voir l’analyse de Cristian Casper) est incompréhensible.

Heureusement, le WEB permet aux Européens d’être connectés et de maintenir un lien avec un monde d’origine.

Ho Chi Minh ville, le 28 février 2020

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